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Les moulins à vent d'Aoste

Par tounik - 02-06-2011 21:33:10 - 17 commentaires

« Un peu » dit-il …

C'était la réponse naturelle à la question « vous êtes fatigué ? »qu'on lui avait posé à plusieurs reprises depuis 3 jours. Cette réponse faisait sourire, probablement parce qu'elle était en décalage avec les traits tirés de son visage et la lassitude de son corps. Et pourtant, il était un peu fatigué, à ce moment là en tout cas, certainement porté par l'afflux d'adrénaline lié à la proximité de la fin de l'aventure. Il est à Bertone, assis sur un banc et regarde Courmayeur en contre-bas.


Il s'est élancé 5 jours plus tôt, pas vraiment prêt, les travaux de la nouvelle maison, un dernier contre-temps au travail... Sans importance,seule compte l'envie de courir, de découvrir cette magnifique vallée. Il est un Don Quichotte, ne cherchez pas d'autres explications à cette merveilleuse folie, rêver l'impossible et se dire pourquoi pas.


Il fait beau, il trottine dans les rues de Courmayeur au milieu des applaudissements, des encouragement et du bruit des cloches. Quelle fête …


Sur les autres courses, il attend le moment magique où tout bascule, ce moment où subitement il a la certitude d'arriver au bout et de franchir la ligne. Aujourd'hui il n'aura pas à attendre longtemps. Son inaccessible étoile est là sur le bord du chemin, la générosité de ses formes laisse à penser que ce sera bientôt une étoile double, alors il est simplement heureux. Il l'embrasse, persuadé de ne pas la revoir avant une semaine et s'élance avec les autre à l'assaut du premier col.


Que peut-il vous raconter de cette épopée ?


Le vent, le froid, la nuit à 3000 mètres, il a sur le dos tous les vêtements qu'il transporte dans son sac, tee-shirts, coupe-vent, gore-tex, bonnet, gants ...Il est avec Manu et ils montent vite pour se réchauffer jusqu'au moment où sa lampe le lâche. Il dit à Manu de continuer et se protège du vent derrière un rocher. Quelques minutes pour changer de piles et il est frigorifié, difficile de remettre les gants. Repartir vite, franchir le col et se retrouver à l'abri du vent, sensation relative de chaleur, les fourmillements dans les bras.


Les cols, trop nombreux pour en avoir un souvenir exact, les pentes vertigineuses, le sable gris qui roule sous les pieds, surveiller chaque pas pour ne pas se retrouver 100 mètres plus bas. Les pierriers qu'il faut traverser en inventant un chemin.


La nuit, naviguer de balise en balise quand le chemin est inexistant. Long périple épuisant, le faisceau de la frontale balaye l'obscurité, accrochant le minuscule carré jaune puis guide les pas pour déjouer les pièges... recommencer.


L'épuisement, quand le corps refuse d'aller plus loin. Pourquoi ici? Se coucher dans l'herbe 15 mn et repartir comme si le corps subitement régénéré avait tout oublié.


Se dire lorsqu'on aperçoit l'éclat du refuge Coda qu'on ne l'atteindra que dans plusieurs heures. Un regard sur le Grand Paradis que l'on a frôlé il y a deux jours. Etre bien ancré dans ses motivations pour ne pas se laisser dériver dans l'immensité.


Mais je préfère vous faire rêver d'une magnifique épopée où se mêlent en un souvenir confus des paysages fantastiques, des bénévoles adorables, des habitants accueillants.


La vallée du Piémont, immensité sans fin au passage du col Giassit, des cirques lunaires, un lac sur un plateau d'altitude, de la vallée verdoyante au sommet minéral, la diversité sans cesse renouvelée.


Les rencontres, les bénévoles souriants, les habitants de la vallée qui partagent l'évènement, la générosité du berger qui a installé une petite table et qui offre ses fromages, les regards croisés comme autant d'encouragements.


Les heures avec Cédric, chacun donnant tout sans calculer, prendre ensemble les bonnes décisions, s'arrêter ici ou plus loin, se coucher dans l'herbe ou dans un parking, continuer jusqu'au prochain refuge en fonction de l'heure, de la météo, de la fatigue …..Et cette lumière dans la nuit, c'est Nico qui vient à notre rencontre parce qu'il sait que cette étape est terriblement difficile, accompagné de Delphine, Céline et Raphaël, ils seront une présence discrète et réconfortante.


D'autres instants resteront inoubliables pour moi, des surprises qui profitent de la fatigue pour vous submerger d'émotion...


Voilà pourquoi je suis un peu fatigué. Alors que Nico est venu une dernière fois à notre rencontre, je m'offre, avec Cédric, une dernière cavalcade dans les rues de Courmayeur, formidable car inutile. Course folle vers l'instant que j'attends depuis une semaine, refermer l'anneau autour du doigt de ma dulcinée.


Je suis un Don Quichotte. Vous êtes certains que j'ai rêvé ?


Seuls ceux qui voient l'invisible peuvent réaliser l'impossible

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Récit du 02 Juin 2011 pour la course Tor des Géants

Voir le récit : Tor des Géants, 4commentaire(s), 673 lectures

La Montagn'hard

Par tounik - 14-07-2010 14:49:51 - 19 commentaires

Bifurcation du 56 et du 120. Me voilà de retour 1 an en arrière avec les mêmes doutes, cette même impression que le Mont Joly est un mur infranchissable. Pourtant je suis arrivé bien préparé, excepté une douleur au genou qui a légèrement perturbé ma préparation les trois dernières semaines mais qui ne me dérange pas depuis le début de la course. Tout se passe plutôt bien depuis ce matin, le même bonheur d'être là, après une nuit un peu courte mais fraiche grâce à la pluie de fin de journée, les photos avec les kikous sur la ligne de départ et les premiers km dans la nuit sur un rythme volontairement cool. Un seul objectif, arrivé au Mont Joly frais, la course commence après.


Prendre du plaisir, garder de l'énergie, ne pas s'occuper des autres, de ceux qui utilisent les bâtons alors qu'ils sont interdit sur les premiers km. A un concurrent qui me rappelle qu'il va faire chaud et qu'il ne faut pas oublier de s'hydrater, je glisse juste qu'il ne faut pas oublier que les bâtons sont interdits, « tu as raison sur le fond » me dit-il en poussant sur ses bâtons. Sans importance, j'aime ces départs de nuit, ambiance feutrée et regard concentré sur le halo lumineux de la frontale, en attendant le jour pour pouvoir profiter des paysages magnifiques que nous offre ce parcours.


Le Prarion, le pointage de Bionnassay réalisé par mon Cœur qui a tenu à être bénévole malgré ses 6 mois de grossesse avant de me suivre sur la course, le col du Tricot, Miage, la combe d'Armencette, du bonheur plein les yeux, l'émerveillement à chaque virage et les virages sont nombreux, notamment dans la montée du Prarion. Comme d'habitude, je retrouve régulièrement le sourire de Céline qui suit son Rapace. Bien sûr au col du Tricot la chaleur commence à être présente mais je suis avec Manu (le Rapace) et Olivier (Oufti), on plaint simplement ceux qui passeront en début d'après-midi. Manu et Olivier sont en mode rando sur le 56 et je fais très attention de ne pas calquer mon rythme sur le leur, je laisse filer dans les montées, mon seul objectif pour l'instant étant d'arrivé frais au pied du Mont-Joly.


Il fait maintenant très chaud, je profite de la fontaine de la Frasse pour bien me rafraichir avant de m'engager dans la combe d'Armencette. Je monte à mon rythme avec simplement un coureur en point de mire, les effets de la chaleur commencent à se faire sentir et les organismes de certains atteignent leur limite, je reprends plusieurs concurrents assis sur un rocher cherchant le second souffle. J'arrive sur la partie en balcon et garde le mode marche, il vaut mieux s'économiser pendant les grosses chaleurs que je supporte très mal.


Le Bagnard est aux Contamines. La seule vue de son costume rayé est déjà un immense plaisir, sa joie est contagieuse et permet de passer un bon moment avant d'attaquer le mont Joly. Il a quelques bières dans sa glacière mais je refuse de me laisser pervertir, d'autres auront moins de scrupule. Il est temps d'affronter le juge de paix. L'approche le long du torrent laisse encore un peu de répit, puis c'est le pointage pour le classement de l'ascension la plus rapide qui, je le sais, ne me concerne pas. Manu et Olivier qui ont terminé leur bière avant de me rejoindre, partent devant.


Je déteste cette montée. La première partie, dans les bois, sur une large piste carrossable, n'a aucun intérêt . C'est une succession de murs, sans aucun répit, il faut pousser sur les cuisses, sur les bras, avancer sans pouvoir accrocher du regard un paysage, une coquetterie du terrain ou une simple fleur pour oublier, l'espace d'un instant, le calvaire. Je m'accroche un peu à deux concurrents du 56 qui viennent de me doubler mais l'arrêt devient obligatoire, pas trop longtemps, juste pour retrouver mon souffle avant de repartir.


Deux poses plus tard, j'arrive à l'épaule du Mont Joly après avoir croisé Jérôme qui m'a conseillé de faire un arrêt au refuge des marmottes et de me rafraichir à la fontaine. L'arrêt au refuge est de toute façon obligatoire, je n'avance plus, je suis exténué. Je pose mon sac, un bâillement caractéristique m'indique que je suis proche de l'hypoglycémie, je mange un peu, j'ai froid, j'opte pour un tee-shirt manches longues et je m'allonge pour dormir un peu en demandant à mon ange gardien de me réveiller dans 30 mn.


Encore une tentative et si ça ne marche pas retour sur le 56. Entre temps mon ange gardien a battu le rappel des troupes et je reçois une bonne dose de SMS pour m'encourager, merci à tous, même si sur le moment on ne perçoit pas les effets, c'est certainement efficace.


100 mètres plus haut un autre concurrent est allongé dans l'herbe, l'appel est trop fort, je m'allonge près de lui jusqu'au moment où les chèvres nous délogent. Nous repartons ensemble, compagnons de galère, rattrapés par l'orage qui claque juste au dessus de nous, moins de deux secondes entre l'éclair et le coup de tonnerre. Que faire, redescendre au refuge des marmottes ou faire les quelques mètres qui nous séparent des cabanes des remontés mécaniques. Nous retrouvons miraculeusement des jambes pour monter vers les cabanes, nous essayons, sans y parvenir, de dissuader un coureur qui veut malgré tout continuer sa route , nous nous glissons sous les cabanes bientôt rejoint par d'autres concurrents.


La situation semble vouloir durer, je mange, je me roule dans la couverture de survie et je m'installe le plus confortablement possible pour essayer de dormir un peu.1H30 plus tard, Olivier nous annonce la fin de l'orage. Bizarrement, je ne me pose plus la question et me dirige vers le sommet que j'atteins sans aucune pause. Je pointe enfin après 4H24 d'ascension, je suis bon dernier au classement des grimpeur. Peu importe, la bascule est faite, je suis déjà persuadé d'aller au bout.


La descente jusqu'à l'Etape est devenue glissante avec la pluie, mais cela reste beaucoup plus praticable qu'en 2009. Je fais une pause rapide au ravito et prends la direction du parking de notre Dame de la Gorge, retrouver Langevine pour un petit réconfort avant d'attaquer la nuit. Le col de la Fenêtre est la prochaine étape, un bon test pour évaluer ma capacité à finir. Je trouve le bon rythme, je monte régulièrement et fais juste un arrêt pour mettre ma frontale. L'arrivée au col se fait sans problème, ce qui me conforte dans l'idée que maintenant rien ne m'empêchera d'arriver au bout.


Dans la descente, je trouve un coureur hagard, assis sur un rocher, il semble complètement perdu. Il n'a pas vu le décrochement du sentier et arrivant trop vite a failli tomber dans les lapiaz. Je le réconforte un peu et lui propose de me suivre jusqu'au Signal, je passe en éclaireur et lui parle pour lui redonner confiance. Le chemin reprend quelques mètres plus bas après un passage en escalier pas particulièrement dangereux mais un peu engagé pour un passage nocturne. Nous retrouvons un chemin plus roulant et je redonne un peu de rythme pour ne pas perdre trop de temps. Une fois remis dans la course, je le laisse terminer seul jusqu'au Signal.


Au Signal, je laisse l'info afin que des consignes de prudence soit données aux coureurs par les bénévoles du Col de la Fenêtre. J'essaie de faire un arrêt rapide pour pas être tenté par les lits qui sont proposés. D'autres coureurs préfèrent faire une pause, parlent de basculer sur le 90, il ne faut pas rester là. Je repars seul en direction de l'Aiguille Croche. C'est long et très humide, je peste contre Olivier. L'approche en hors piste ou sur un chemin large chemin est éprouvante, plus pour le moral que physiquement. J'avale la dernière partie plus raide sans difficulté et m'engage sur la crête. La lumière de la frontale entrevue plus loin est une motivation pour ne pas ralentir la cadence. La vue doit être superbe de jour, vertigineuse aussi, de nuit on aperçoit seulement les lumière de la ville à droite (Megève ?).


Au bout de la crête on bascule sur un sentier qui ressemble plus à un fond de torrent,. Je récupère Eric et à deux nous nous motivons pour avancer. Un arrêt rapide à un petit ravito et nous partons sur une partie plate du parcours (si si, ça existe) en mode course, marche rapide. La boucle jusqu'au ravito de Basse Combe est pour moi sans aucun intérêt, le seul point positif est que je progresse au classement ; même si l'objectif n'est pas là c'est toujours bon pour le moral de voir que l'effort est récompensé. Le jour s'est levé et nous sommes sur le chemin du retour, pressés d'en finir. Nous ne sommes pas toujours ensemble mais restons suffisamment en contact pour que l'émulation fonctionne.


L'ascension de Rochebrune passe sans problème, le Bagnard pointe au sommet en compagnie d'un autre bénévole, ils n'ont vu que 6 coureurs pendant la nuit et trouve le temps un peu long. C'est l'occasion de faire une petite pause en plaisantant. La descente sur Megève s'annonce douloureuse, les quadris sont en morceaux, je retrouve les mêmes symptômes qu'au GRP l'année dernière, pas de problème dans les montées mais des descentes dans la douleur.


A Megève j'ai le plaisir de retrouvé mon Cœur accompagnée de La souris et Ouster. La fatigue permet de s'imprégner de ces moments, même si l'émotion monte plus vite, ce sont des souvenirs qui restent. J'essaie de ne pas m'attarder même si j'ai envie de prolonger l'instant, il sera toujours temps de partager après l'arrivée. La dernière bosse, un instant privilégié, la certitude de passer la ligne, pas de grosses douleurs, la satisfaction d'avoir bien géré la course, d'avoir trouvé les ressources dans les moments difficiles, soutenu par mes amis et mon amour. Je retrouve, un peu plus loin, mes trois accompagnateurs pour faire un petit bout de chemin ensemble.


Je suis seul, je retrouve le plaisir d'admirer les paysages, des grandes prairies à flan de montagne au petit sous-bois, enfin l'épaule du mont Joly apparaît, dernier pointage avant de m'engager sur le sentier en balcon qui permet de rejoindre le début de la descente, coup de téléphone de Manu pour prendre de mes nouvelles et il faut à nouveau solliciter les quadris pour rejoindre Saint Nicolas. J'ai un coureur en point de mire et je l'utilise pour essayer de courir le plus possible, quelques promeneurs encouragent, la pente devient plus praticable, le son du micro et, au détour du sentier, mon Cœur et Andrew qui sont venus à ma rencontre. On tourne à gauche sur la route goudronnée pour apercevoir l'arche d'arrivée, de nombreux kikous sont là pour applaudir.


La deuxième tentative a été la bonne, une meilleure préparation, plus d'humilité et beaucoup de soutiens de ma douce qui accepte les longues heures d'entrainement et reste un soutien inconditionnel, les appels de nombreux kikous, Rapacette, Rapace, L'Dingo, Blob, Sanggi, Supersteph …sur le bord des chemins, Le Bagnard, La Souris, Ouster, LoicM, Astro et sa douce, Stephanos, Parapgab et tous les autres.


Merci à Olivier, Yannick et tous les bénévoles qui nous font voir l'invisible.

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Récit du 14 Juillet 2010 pour la course La Montagn'Hard - 120 km

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Entraînement du 6 Juin 2010, Maratrail de Lans en Vercors

Lans En Vercors, durée : 05:33:03, 45.2025 kms, 2483 m D+

CO des Pélerins

Par tounik - 25-05-2010 13:16:45 - 6 commentaires

C'est la renaissance de la CO des Pèlerins, magnifique course déjà effectué 2 fois avant son annulation en 2007. Le format est différent, beaucoup plus long, avec beaucoup de balises qui donne plus l'idée d'une course au point. L'autre nouveauté est qu'il faut trouver un coéquipier. J'ai deux solutions, David (Sanggi) très sympathique mais qui a la fâcheuse habitude de partir en randonnée sans carte et sans connaissance du terrain avec pour adage 'si tu es perdu en montagne, il suffit de descendre pour trouver une route', c'est pas très rassurant en CO. Stéphane (Supersteph) c'est pas beaucoup mieux mais j'ai pas d'autres solutions …


L'équipe étant constituée, la logistique est simple, couchage chez Arnaud et Béatrice, des amis habitant le petit village médiéval des Matelles, à 15 mn du départ de la course. Mon appareil photo pour valider les balises, pourquoi faire simple quand on peut s'amuser un peu ? Il est étanche et anti-choc, ces deux qualités se révéleront indispensables. Chacun son équipement et sa nourriture; gel et barres de céréale pour moi ; saucisson et pâté en croute pour Stéphane; c'est pas tout à fait la même carburation.


Petit coup de chaud d'avant course, Stéphane termine le marathon d'Annecy avec un mollet qui a doublé de volume. Ceci nous obligera à rester très prudent sur la course pour ne pas risquer de détériorer les choses. Sinon tout va bien malgré un couchage tardif et un lever matinal. Nous retrouvons Monster et la tortue qui ont campé sur place et terminent leurs préparatifs. Nous récupérons la carte IGN pas toujours facile à lire pour une CO. Notre tactique est simple, partir doucement pour faire le point sur le mollet de Stéphane, privilégier l'orientation et prendre toutes les balises au départ, la course sera longue et nous aurons le temps de faire le point plus tard.


Les premières balises sont plutôt simples et le flash des appareils permet de lever certains doutes. Il faut s'habituer à la définition des postes, un tas de cailloux est une ruine, deux pierres alignées c'est un muret, un nid de poule est une dépression, petit problème sémantique qui nous fera perdre un peu de temps sur la balise 6. Difficile de connaitre notre classement mais ce n'est pas la priorité du jour, c'est tout le charme de la CO et des différentes option tactiques. Après notre petit jardinage de la 6 nous repartons sur de bonnes bases, beaucoup de concertation sur les choix et parfois une dose d'inspiration pour tomber droit sur la balise.


De la 7 à la 8, un azimut semble possible sur la carte, mais la végétation de la région n'est pas très accueillante et nous préférons contourner l'obstacle. De même entre la 8 et la 9 ou un fond de ruisseau semble apporter une solution mais reste invisible sur le terrain. En approche de la 13 nous apercevons le Monster qui débouche des taillis et nous indique le point d'entrée pour la balise. En route pour la 14, nous sommes surpris par la Tortue qui débouche des buissons et file devant nous, nous prenons la balise et continuons, apercevons à nouveau la Tortue qui remonte, il n'était manifestement pas dans son assiette et a raté la balise.


Nous rejoignons l'Hérault, où quelques pêcheurs profitent du calme matinal pour taquiner le goujon, avant de traverser sur le pont. Une série de balises faciles avant de jardiner à nouveau sur la 19. Nous sommes une bonne dizaine à ratisser le terrain avant de découvrir les deux cailloux constituant le muret. Le terrain est dégagé et nous décidons de faire la 20 à l'azimut avec en point de mire la vierge monumentale sur l'autre versant que nous rejoindrons plus tard. Facile, trop sans doute et nous faisons une nouvelle erreur sur la 21 en fouillant la mauvaise clairière avant que Stéphane pousse plus loin et nous remette sur la bonne route. Pas de CO sans un peu de jardinage pour des néophytes comme nous.


Pour les balises suivantes, la difficulté vient plus du terrain que de l'orientation, il faut monter au Roc Blanc par le chemin des pénitents avant de rejoint le premier PC après la balise 27. Nous avons fait le plein ce qui semble surprendre l'un des bénévoles, notre timing semble correct mais la chemin est encore long. Ravitaillement, plein en eau et nous repartons par la crête sur un terrain aérien mais balisé. Un peu déconcentré par cet arrêt nous ratons la 28 qui nous vaudra un petit jardinage supplémentaire. Pour la balise 30, rien à signaler côté nord de la clôture, je tombe finalement sur la balise côté est. La 31 semble mal engagée, nous ne sommes manifestement pas sur le bon sentier mais la végétation nous empêche de changer de route, cette balise est le point d'attaque de la 32 et ne pas la trouver veux dire sacrifier 2 balises. Miracle, nous tombons par hasard sur le coin des jardiniers et après quelques hésitations, découvrons la balise.


Un petit azimut SO, un début de sentier et le passage de deux concurrents dans les buissons à droite nous mènent directement à la ruine. 4 longs postes de la 33 et la 36 sans grande difficulté, nous traversons un campement de spéléo et une barrière délimitant la forêt domaniale détermine l'approche de la 36, un passage très marqué à gauche mène à la grotte. Suit une série de balises rapprochées enchainement 36,37,38 le menhir est magnifique,39,40 après concertation nous remontons le bon sentier pour trouver la balise.


41, 42, 43 ne posent pas de problème et nous nous dirigeons vers la 44 qui semble très facile puisqu'elle est à l'intersection des chemins. Le poste à poste est long et coïncide avec un changement de carte, la fatigue, le doute s'installe « et si nous avions raté la balise ? ». Concertation, analyse de la topologie, la pluie commence à tomber. Pendant que Stéphane sort sa veste, je fais demi-tour pour retourner à un tas de pierre que nous avons croisé quelques minutes plus tôt. RIEN, d'autres concurrents arrivent, ils n'ont pas vu la balise. Perdu pour perdu autant continuer sous une pluie battante qui traverse tous les vêtements avec un petit vent qui colle le tout à la peau, que du bonheur.


Je marche en tête et je reste attentif, pas convaincu d'avoir raté cette foutue balise. Une zone dégagée, je tourne la tête et trouve une balise !! C'est la bonne, pas de doute, nous reprenons confiance et tentons même un petit hors-piste pour gagner une centaine de mètre en approche de la 46, un petit dolmen qui a certainement subi un tremblement de terre. La 47 nécessite un gros aller/retour, et les avens de la 48 sont vraiment très impressionnants. Un dernier petit tout droit pour arrivé au Mont Saint Baudille, lieu du ravitaillement et de retrouvailles avec ma douce et Taz qui attend Domi.


La pluie s'est arrêtée, mais nous sommes trempés, la présence des filles est un réconfort. Je me réchauffe un peu près du feu en regardant cuire la magnifique saucisse que nous prépare le bénévole. Je fais le plein d'eau et hésite à enfiler le tee-shirt sec que je gardais pour la nuit. Il fait trop froid et le temps semble revenir au beau, le tee-shirt sec donne immédiatement une sensation de chaleur aidé par le sandwich à la saucisse. Il est évident maintenant que nous ne pourrons pas faire toutes les balises, l'objectif est donc de ramasser une maximum de balises de jour.


La 50 semble être la première balise un peu compliquée, le point d'attaque est évident mais la végétation semble dense sur la carte. Nous descendons du mont saint Baudille et arrivons au point d'attaque de la 50 qui ne semble pas si compliquée que cela, on aperçoit le bord de la falaise où doit se trouver la balise. Un regard avec Stéphane et nous coupons droit dans la végétation, après un petit quadrillage, nous trouvons notre balise. Après la 51 un fond de ruisseau nous permet de couper un grand détour du chemin avant de retomber sur la route que nous empruntons un moment avant de filer vers la 52 au pied des rochers que nous apercevons déjà.


La 53 est sans problème, la pluie refait son apparition, pour l'instant rien de bien grave, le brouillard est également présent, l'attaque de la 54 ne semble pas facile, il faut contourner les falaises et remonter par un petit chemin. Depuis le chemin ça semble plus simple mais le brouillard est maintenant dense, avec la pluie et la nuit qui commence à tomber nous préférons faire notre première impasse. Direction la 55 sous un déluge, je dois faire la photo 2 fois pour qu'elle soit à peu prêt lisible. C'est à nouveau le déluge, nous hésitons à aller chercher la 56, le chemin principal va directement sur la 57 sans difficulté particulière, la 56 ne nécessite pas un gros détour mais il faut emprunter un sentier parallèle avant de trouver un point d'attaque. Pas évident pour trouver la balise au bout d'un muret, sachant que pour le Poc un muret peut ressembler à deux cailloux. J'arrive à convaincre Stéphane, la nuit n'est pas encore tombée. A l'approche de la zone à découvert, je cherche la rupture de pente et je file NE, nouveau miracle je tombe directement sur la balise peinte sur une pierre qui doit encore chercher ses ancienne camarades du mur.


La suite est plus simple, il faut descendre en coupant plusieurs lacets du GR, nous commettons une petite erreur et arrivons derrière le gite, rien de très grave et une pause technique plus tard nous continuons sur l'ancien chemin qui s'est transformé en ruisseau. Avec la nuit, la fatigue et le froid le plaisir de la journée a un peu disparu. La 57 est dans une magnifique grotte, est-ce le fait d'être au sec un moment qui nous donne l'impression que la pluie a redoublé d'intensité ? La décision s'impose, la balise 61 est au milieu d'un passage souterrain, au bord d'une route près du village de Saint Jean de Fos, le lieu idéal pour attendre au sec qu'une voiture vienne nous récupérer.


Nous décidons malgré tout de prendre les balises sur le chemin, mais la motivation n'est plus là et nous ratons la 60. Arrivés dans le tunnel et après quelques péripéties nous contactons notre assistance de choc. Nous avons le temps de passer un petit coup de fil à David (Sanggi) et L'Dingo qui nous ont encouragés dans la journée et de terminer les provisions apportées par Stéphane. Mon cœur arrive, chauffage à fond dans la voiture, nous rapatrions un concurrent récupéré sur la route et retour à la maison.


Bilan, 59 balises. Mais surtout une très belle épreuve qui mérite de revenir un peu mieux préparé pour profiter jusqu'au bout du défi, des paysage et partager un instant de pur plaisir. C'était la première épreuve partagé avec Stéphane et tout s'est très bien déroulé, il est vrai que certains prétendent que nous avons le même humour...


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Récit du 25 Mai 2010 pour la course Rand'orientation des Pèlerins

Voir le récit : Rand'orientation des Pèlerins , 1commentaire(s), 639 lectures

Entraînement du 23 Mai 2010, Raid O'Bivwak Jour 2

, durée : 04:21:55, 16.0951 kms, 580 m D+

Entraînement du 22 Mai 2010, Raid O'Bivwak Jour 1

, durée : 05:50:58, 20.5294 kms, 1255 m D+

Course aux étoiles 2010

Par tounik - 31-03-2010 21:46:13 - 10 commentaires

Retour à la course aux étoiles, après une impasse en 2009 je reviens sur ce très beau trail nocturne. C'est l'occasion de retrouver quelques Kikous, Troll, Forest, Caroux, Tomlacaze et de faire de nouvelles connaissances. Avec Troll et Forest nous avons opté pour un repas dans un restaurant, l'organisateur a annoncé une simple soupe et l'AAB autour d'une assiette de charcuterie ne semblant pas être la meilleure préparation pour affronter une nuit qui s'annonce glaciale.


Dans la seule pizzeria qui semble ouverte au Vigan, nous tombons sur Benoit11 et passons un agréable moment en attendant de retourner au gymnase. Je me prépare et trouve une petite pièce tranquille pour m'allonger, même si il est impossible de dormir, ça évite de piétiner.


23H, il est temps de retrouver tout le monde. Petite photo de groupe avant d'écouter les dernières consignes. Le départ se fait en toute simplicité, on se dirige vers la sortie de la salle, pas de musique, pas de mise en scène, un petit décompte et c'est parti pour 65 km de bonheur. C'est ce que j'aime dans ces petits trails, attention petit n'est pas péjoratif, on vient juste pour courir et se faire plaisir et au Vigan tout est réuni pour profiter pleinement de l'instant.


La première partie plutôt roulante est l'occasion d'essayer de s'échauffer dans cette nuit glaciale. Une alternance de chemins larges, de petits sentiers en sous-bois, de traversées de villages endormis. Je suis très à l'aise et profite pleinement des bienfaits du plan d'entrainement proposé sur le site 'trace de cime'. Il est vrai que depuis quelques temps j'ai l'impression d'avoir deux cœurs qui battent. Je fais le yoyo avec Caroux qui a décidé de partir prudemment, nous finissons ensemble sur la voie ferrée, avant la dernière bosse qui précède le premier ravito.


Petit ravito dans une grange, j'attrape quelques raisins secs, des tucs et repars en marchant pour manger mes tucs. Caroux prend les devants, je ne le retrouverai qu'à l'arrivée. Les choses vont devenir plus sérieuses, le froid est toujours très mordant, il faut essayer de garder un bon rythme pour ne pas se refroidir. Une succession de petites côtes nous amène au col de Mourèzes, les chemins sont toujours superbes, je suis encore bien et sans doute un peu trop vite sur cette partie mais les sensations sont bonnes et je profite de la dernière descente pour bien récupérer.


Pause un peu plus longue à Aulas pour faire le plein d'eau et bien se ravitailler avant la troisième partie qui sera plus rude. J'enfile mon coupe- vent pour lutter contre le froid. En plusieurs points du parcours nous avons rencontré des bénévoles, frigorifiés autour de feux de camps improvisés, présents malgré tout pour assurer une traversé de route ou un pointage.


J'ai décidé d'en garder sous le pied pour la dernière partie qui se déroulera en grande partie sur le causse avec de longs faux-plats où il faudra pouvoir courir. Une petite bosse pour réchauffer le muscle et on attaque la montée sur la Fageole. Une petite faute d'inattention, une petite erreur d'aiguillage rallonge le plaisir de quelques hectomètres. Retour sur le bon chemin, un animal dérangé dans la nuit nous fait sursauter dans notre début de somnolence.


Sur la crête, nous naviguons de rubalises en rubalises poursuivis par le froid. Nous sommes plusieurs à chercher le meilleur chemin pour fuir sa morsure. La descente vers Arre est longue et parfois très technique, des pentes très raides, des chemins rocailleux recouverts de feuilles, il faut rester particulièrement attentif. Dernier ravitaillement, certains se sont attablés, je préfère partir en marchant pour finir de grignoter ce que j'ai dérobé sur la table.

Remonté sur le causse, avec le jour qui se lève je profite enfin des paysages, il faut faire l'effort de ne pas trop se laisser aller à la contemplation. C'est un jeu de pistes au milieu des buissons dans cette succession de faux-plats. C'est plutôt ludique et je reste assez dynamique sur la première partie. La fin est un peu plus laborieuse et je paie un peu mes efforts du départ, c'est mon premier trail de la saison. Je retrouve Benoit11 qui essaye de terminer malgré une entorse contractée au début de la course. Je ne peux pas grand chose pour lui et je m'assure juste qu'il pourra rentrer sans problème. Domi81 me double, une meilleure gestion de course lui permettra de mieux finir.


Langevine s'est levée de bonne heure pour m'accueillir, ce final au petit matin est vraiment superbe, je suis encore bien mais je n'ai pas réellement envie de forcer. Elle s'impatiente un peu et me téléphone pour savoir où j'en suis... il faut savoir se faire désirer. Un dernier petit sursaut à Avéze et c'est le retour au Vigan. Je fais les dernier hectomètres en discutant avec Karine qui est venue à ma rencontre.


Ce premier trail de la saison restera vraiment un très bon souvenir. L'ambiance, le parcours, les bénévoles et les rencontres ont rendu l'effort facile. Dans la sérénité du petit matin je retrouve cette impression d'avoir deux cœurs qui battent. C'est de très bon augure pour la préparation de mon principal objectif de la saison même si il n'aura lieu qu'après l'été.

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